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        <title>diodes</title>
        <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>
		
        <description>carnets</description>
		
		<item>
            <title>#53</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>
		Fantômes : ajout des fragments <a href="fantomes.html#fantomes1">14 à 19</a> 
		</description>
		<pubDate> Thu, 23 Jun 2012 09:29:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#53</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>
		Tu te tournes et je dis tout. Je ne veux pas voir un instant ton visage. Je dis que c'est maintenant, après avoir longtemps. Ton visage. Ta nuque, je ne veux voir que ta nuque et dire que tout s'embrase toujours. C'est maintenant, après avoir longtemps pensé nos jours comme des décharges. Tu as triché encore. C'est maintenant que je peux enfin parler du feu. Tu comprends, je sais que tu comprends. Tout ce que je te disais, des mots comme des pelures, des déchets et rue Henri Barboux ou ailleurs je vois brûler les mêmes débris. Tu peux me regarder, pas plus d'un instant, tu peux croire à tes mains qui apaisent. Elle ne font que nourrir le feu.
		</description>
		<pubDate> Thu, 23 Jun 2012 08:29:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#51</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>
		Dans la nuit, chaque nuit, quelqu'un venait près du lit et se penchait et retirait la taie de l'un des oreillers. Il la froissait et la jetait parfois par terre, parfois à l'autre bout du lit. Il disait je suis le mouvement et je suis la fièvre. Il disait tout bas ou articulait assez pour m'éveiller. Je me souviens lui avoir parlé, des murmures sur l'heure, sur la précision de ses gestes et lui qui osait se dire la hâte. Je pouvais le surprendre ainsi, il entortillait la taie un peu plus, me l'aurait jetée au visage ou simplement l'aurait remise si cela avait suffi à nous endormir tous deux. Mais je ne parlais pas, tant d'autres fois. Je découvrais ses gestes au réveil et j'avais une pensée pour sa sueur qui devait maintenant être la mienne. Je ramassais la taie, tentais maladroitement de la remettre en place, un mouvement de plus et je m'effondre. Pour lui je tenais, pour d'autres nuits, d'autres ententes ensommeillées.
		</description>
		<pubDate> Thu, 23 Jun 2012 07:29:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
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            <title>#50</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>
		Mise en ligne de <a href="spams/spams.html" target="_blank">10 spams</a>
		</description>
		<pubDate> Thu, 23 Jun 2012 06:29:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#48</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>
		Field recordings : <a href="field_recordings.html" target="_blank">journal sonore</a>
		</description>
		<pubDate> Thu, 27 Mar 2012 20:29:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		
		<item>
            <title>#47</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>
		Mise en ligne de mon <a href="journal/journal.html" target="_blank">journal</a>
		</description>
		<pubDate> Sat, 17 Mar 2012 00:06:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#46</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>
		Mise à jour de la <a href="faceb.html" target="_blank">face b</a> (diverses choses abandonnées ou commençant) :
		<a href="brouillon/au_brouillon.html" target="_blank">au brouillon</a> : tentative d'associer image et texte
		<a href="fantomes.html" target="_blank">fantômes</a> : écouter ceux qui nous parlent dans le métro parisien
		<a href="vrac.html" target="_blank">sons en vrac</a> : fields recordings et autres
		</description>
		<pubDate> Sun, 25 Feb 2012 00:06:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#44</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Il aurait mon âge, à quelques mois près. Il vivrait dans une ville, que
ses jours ne soient pas une succession de tâches agricoles, éreintantes
mais rien ne dit qu’il ne s’épuiserait pas à l’usine. C’est une
histoire de contexte, de murs d’odeurs, il passerait entre. Il pourrait
s’user de cent manières, qu’il ait une heure à peine le soir pour
écrire, une heure sans picotements ni brûlures, la main ferme, la
conscience peu zébrée. Le soir cette cassure suffirait, il se dirait
diariste.
Mon projet : d’abord retrouver son journal. Je cherche depuis des
semaines sans succès. Je vais d’un étal à l’autre, caisse de vieux
papiers. Mais on y voit surtout des correspondances ordinaires, je
t’embrasse, le petit va mieux à présent, parfois un petit tas de
lettres d’un soldat, comment les heures se disloquent au front. On y
trouve de vieilles factures, livres de comptes d’une épicerie située à
l’autre bout du pays. Je manie prudemment les feuillets, tant de fois
se voir les émietter, ils témoignent souvent de trajets effectués sans
lutter. Des la transparence et faire croire.
Il ne vivrait pas à une époque si éloignée, il y a un siècle peut-être.
Il se tiendrait seul dans sa chambre, pas de quoi louer plus vaste, pas
d’autre drame que ce qui germerait dans la tête. Des deuils de jeune
homme. Dans ses notes il mélangerait cette crasse disséquée et les
poussières laissées par la ville, le métier, les amis, choses volées à
l’année. Il y aurait les phrases maladroites, fatigue ou pas, le tracé
brut car l’heure suffirait à peine à tout mettre.
Je retrouve son journal et j’écris, j’écris le mien les mêmes jours.
Cinq ou six dates par semaine, ses absences répétées qu’il expliquait
après : les dimanches, presque tous, pour la famille les visites,
quelques excursions mais rares (et pour des raisons secrètes). J’écris
en parallèle pour les dates, seulement pour elles, j’écris en ne
faisant rien pour que mes pensées se calquent sur les siennes. Surtout
ne pas relire ce qu’il écrivait le même jour, surtout ne pas faire le
corps qui prolonge, surtout pas la vie satellite. Et que mes traces ne
soient pas des commentaires.
Il n’écrirait pas que ses dépits, il y aurait les bonheurs de l’époque
et ceux intemporels. Sa naïveté parfois trop présente, les moments
d’insouciance. Il pourrait avoir une passion peu commune, au contraire
de rares loisirs semblables aux nôtres, boire et veiller un peu plus
tard certains soirs, courir, lire. Il pourrait n’avoir que son journal
pour se distinguer des travailleurs de son âge. Et pour le reste,
poreux à son temps, à sa classe. Il serait ainsi en équilibre et
touchant.
J’écris et à force il y aura peut-être un réseau de similitudes
involontaires. Mais que tout soit fragile, ténu. Des liens qui seront
imparfaits. Je ne veux pas être son pendant. J’écris mes humeurs, la
sphère tenant captives quelques rues. Tant pis si, de lui à moi, peu a
traversé les ans, si ce sont les contrastes qui saillent, et ce jeu
puéril de relever ce qui paraît aujourd’hui archaïque, des détails
cocasses. Je sais ce qui nous rapproche, je sais pourquoi
l’enchevêtrement n’a pas besoin d’être visible. Je ne cherche pas mon
double.

</description>
		<pubDate> Mon, 02 Feb 2009 17:43:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		
		<item>
            <title>#43</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Te voilà assis dans la rame la vitre en face, regarde. Tu regardes quel
est ce visage sur le gris. Tu tiens ton reflet en garde, ta peau et les
rougeurs au front tout est devenu gris. C’est le tunnel derrière qui
donne de sa couleur à tes traits ; le béton sur tes joues. Tu laisses
le tunnel traverser ton reflet, tu ne sais pas si tu te trouves plus
laid teinté de la sorte, les lumières pâles de la rame qui s’arrêtent à
tes cernes. Tu te regardes, tu regardes outre, tu fixes le tunnel, les
blocs, les distances indiquées. Tu traverses ton reflet, tu ne voix
plus que le gris, les rectangles verts sorties de secours, le gris
granuleux du tunnel. Tu inspectes la courbure ; le métro file bien trop
vite pour que tu puisses noter d’autres détails, des défauts,
cicatrice, des traces de tout le travail fourni, du métal là ou là. Tu
réapprends ton reflet, t’acharnant à briser la perspective. Il ne se
passe plus rien au-delà. Au-delà de la vitre, un miroir simplement,
au-delà de toi. Tu ne te souries pas, tu regardes ce que le gris laisse
de toi. Tes traits saillants, surtout pas tes yeux qui te semblent
maintenant bridés, des yeux que tu ouvres grands, que trichant tu rends
cette fois souverains, et cherchant à défaire ce pli près de ton nez,
qui ressort, sans rien trouver pour que le gris l’aspire. Et d’autres
horreurs, tu n’es plus sûr que ce soit ton visage, des horreurs
inédites. Dans les vitres au dehors, devant ton miroir, tu connais les
zones minées, les points de ta tête qui te dégoûtent. Dans le gris, pas
encore. Tu n’as pas ce reflet depuis longtemps, tu découvres encore des
pièges. C’est le tunnel qui reprend ton visage, tu regardes au-delà. Tu
te forces, tu sais que tu ne te délecteras pas longtemps du béton,
qu’il lui manque la possibilité d’étrenner d’autres formes. Tu fais de
ton mieux pour tenir, il n’y a personne sur le gris, tu luttes contre
ton reflet qui s ‘agite t’échappe et grimace, ton reflet qui attend que
tu le regagnes. Tu essayes autre chose, tu regardes la personne à tes
côtés, puis son reflet dans le gris, tu vas d’une luminosité à l’autre,
du visage à l’image, tu n’as pas l’impression que la personne y perde
autant que toi. Sa figure est quasiment la même, son air d’abandonner
ce qui nuançait l’affliction. Elle ne s’occupe pas de toi, de ton
reflet tourné vers le sien, de ton insistance. Tu la regardes des deux
manières, tu ne comprends pas ce qu’elle a pour rester deux fois la
même. C’est sa torpeur ou s’en foutre, c’est peut-être toi qui négliges
ce que le gris happe ou lui dessine. Tu oublies tout cela quand le
métro s’arrête, dans la station des lumières qui éclaircissent ton
reflet, le transforment en esquisse. Tu te vois mal. Et tu te vois deux
ou trois fois dans la vitre, tu connais un peu cette histoire. Tu dis
le reflet de reflet, c’est ton visage de plus en plus atténué, qui va
jusqu’à se fondre dans le gris. Tu regardes tes doubles amoindris, tu
les fais bouger, tu cherches à oublier le reflet initial. Celui qui
renferme bien trop de ta peau, et t’attriste le plus, celui qui te
ressemble en pire. Et tous les autres sont si distants, des lignes
incomplètes, des squelettes, tous les autres te concernent à peine.
Maintenant tu te vois trois fois dans le vitre, tu ne veux pas savoir
si la personne à côté se multiplie de la sorte, tu te dis que tu es le
seul. Tu choisis un croquis, tu le sors, tu le remplis, tu te dis que
tu te décides. Enfin tu peux te faire. Tu laisses dans le gris les
particularités que l’on t’a imposées, tu fourres tout cela dans la
vitre. Et le métro redémarre, tu perds tout ce que tu avais construit.
Tu recommences à chaque arrêt, conscient qu’il n’en restera rien, tu
t’incrustes toujours dans le gris. Tu ne penses qu’à ces instants où tu
pourras prendre le dernier reflet et le modeler selon tes souhaits,
retoucher ce que tu cèdes aux passagers. Tu ne vois plus le tunnel, tu
ne te vois pas en sortir, métro aérien le temps de deux arrêts. Tu
réalises enfin, ce n’est plus le même gris, tu vois ton corps décalqué
sur les choses au dehors. Sur le parking, sur le gymnase, la fumée qui
en sort, sur le vide. Ton reflet ne tient plus sur rien, il lévite. Tu
vois la vitre et du ciel au-delà, c’est cela qui te perce. Tu n’oses
plus regarder, gris plus foncé, toi tatoué puis se retirant de cette
ville. Ce visage sur des bouts de ciel, des couleurs mais toujours pas
ta peau, tu n’oses plus deviner quel est le semblant qui demeure. Tu
attends que le métro revienne sous terre, c’est ton plongeon dans le
même gris. Gris granuleux du tunnel, gris fade du reflet. Tu n’en peux
plus de te voir, tu fais des têtes en secret. Tu attends que quelque
chose vienne au-delà, qui ne sera pas plus toi, et qui pourra
t’attendrir.
</description>
		<pubDate> Thu, 08 Jua 2009 11:23:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#42</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Tu dis : je n’ai de peur que moi-même. La crasse des têtes. Je n’ai de
peur que la crasse, que ces têtes au-dedans de ma tête. Et qui fument,
s’interpellent et sans hygiène jusqu’aux croûtes de terre. Je n’ai de
peur que les têtes m’empêchant d’ingérer des aliments solides. Et je
vois la crasse de la peur, les lèvres jaunâtres tabac, moi-même qui
fume rempli d’une tête qui fume. Je n’ai de peur qu’en-deçà. Que
quelqu’un écarte avec force mes mâchoires et voit. Les têtes de la
peur. Les lèvres qui n’ont jamais été de moi. Que quelqu’un entende les
voix d’autres têtes et comment elles butent puis déballent leurs
syllabes de combat. Je glisse ma main en gorge, je mets ma main sur la
crasse d’une bouche. Je cache la peur d’une bouche, d’une seule à la
fois. Les autres bouches à peur, parlent. Parlent de la crasse de ma
gorge, de toutes les fumées avalées, des fables en suspension,
ingérées. Les peurs générales. Je n’ai de peur que d’admettre les
têtes. D’écouter, de plonger dans la gorge et de regarder la crasse
voler d’une bouche à l’autre, selon les souffles. Je n’ai de peur que
d’admettre. Des croûtes de terre sous des croûtes de têtes puis de
peurs. Et de parler mes autres voix. Et de parler la même crasse
qu’en-deçà. Et je vois les têtes grossir dans ma gorge, je ne vois plus
ma glotte. Je vois des lèvres sangsues parois. Je n’ai de peur que ces
lèvres, des langues cachées, des langues de peur.
</description>
		<pubDate> Tue, 02 Dec 2008 09:50:00 GMT </pubDate>
        </item>
	
		
		<item>
            <title>#41</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>En <a href="faceb.html">face b</a> ajout d'une rubrique en <a href="vrac.html">vrac</a> ( laboratoire - ratés - archives)
</description>
		<pubDate> Mon, 24 Nov 2008 10:54:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#40</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Chacun choisit un livre qu’il hait, pour son style, pour ses
situations-imitations, pour sa construction trop commune, chacun
apporte ce livre et se concentre assez pour s’y introduire. Vous êtes
n’importe quel personnage, le héros ou le figurant aux conduites
stéréotypées. Vous n’êtes pas entrés là pour obéir, vous viciez ce
livre abhorré. Vous pensez des horreurs, vous les dîtes, vous
réfléchissez jusqu’à vous figer. Vous faîtes ce que vous voulez pour
que l’histoire dévie. Ce n’est pas vous qui l’écrivez, vous êtes ceux
qui sapent. Vous attentez au convenu, le livre perd une page, quelques
autres, livre n’est plus qu’une brochure, puis un feuillet. Un
paragraphe, vous oubliez que tout autour il y avait une histoire.
</description>
		<pubDate> Mon, 10 Nov 2008 09:04:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#39</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Tout au Nord de l’île : notre rocher. Personne d’autre ne prend le
temps d’y accéder, ou la peur des remous en-dessous. L’eau frappe
parfois fort, gicle jusqu’à nous mais c’est rare, c’est notre rocher
plat et de là on voit les étendues de fougères, derrière, ou la mer. On
voit aussi la file de ceux qui veulent monter au phare, de tout petits
corps, trop petits pour savoir s’ils nous destinent quelques regards.
Je m’en occupe peu, et de la mer pas plus : tant d’eau m’inquiète. J’ai
toujours les jambes dans le vide et je regarde en contrebas. Des heures
rien qu’à cela.
Ce qui s’écrase, s’écrase encore, la mer est plus agitée ici que
n’importe où sur l’île, le vent plus usant. Je râle parfois contre le
vent, sa manière d’attenter aux quelques histoires qui devraient
m’occuper. Mais nous venons là car c’est la côte encore brute, si l’on
oublie le phare. Ce sont quelques recoins que l’on garde, sauvages tant
que l’on s’y tait. Je ne voudrais pas les décrire, je ne pourrais pas,
je ne connais de mots pour aucun paysage.

J’aimerais les apprendre, ces mots, pour ici. Pour que mes phrases ne
se remplissent pas que des rues. C’est ce que je murmure sur notre
rocher, à chaque fois, et la même question : imagine, demain je
m’installe ici, alors qu’est-ce qui s’écrit ? Ce qu’il me reste sans la
ville ?

Sans la ville sans moi sans mes autres, passants appropriés.

Immeuble – foule – métro – déplacement – bruit de fond – haine.

Parfois je lève les yeux : quand le bruit d’un bateau m’y oblige. Je le
regarde jusqu’à ce qu’il s’éloigne, j’aime ce qui trouble ainsi la
perspective. Mais au large c’est souvent l’ordinaire, quelques combats
de mouettes, des bouées que la mer attaque. Je n’attends plus rien de
remarquable, même minuscule, n’importe quel intrus qu’on pourrait
étudier, vampiriser pour des phrases à venir.

Notre rocher, pour des méditations d’avant ce temps, au siècle des
Romantiques. Mais l’époque interdit cette emphase, tolère à peine un
peu de fureur. Le paysage n’a pas tant changé, mais notre manière de le
transcrire.

Ici, si tu t’installes ici, tu écriras d’abord ce qu’il te reste de la
ville. Des images à liquider. Tu sais que certains sons ne t’ont pas
encore quitté, des formes, une géométrie qui sera longue à disparaître.
Tout ton imaginaire souillé par la ville. Tu y arriveras peut-être, au
bout de quelques années, à t’inscrire dans une zone de plus en plus
éloignée, à penser des structures brutes. Tu écriras des lieux
broussailleux mais abstraits, qui ne seront pas encore d’ici. Peut-être
n’écriras-tu jamais d’ici. Tu sais, ce sont des décors
interchangeables, il suffit de remplacer quelques mots précis, tu
tromperas n’importe qui. Crois-moi, les lieux ne décident pas. Il n’y a
pas, pour chacun, de déductions, de narrations particulières. Tu
écriras partout le même bruit. Tu feras sans la ville, sans ce qui
n’était qu’un cadre, une facilité. Tu mettras un peu plus de temps pour
t’extirper la même nuit.
</description>
		<pubDate> Tue, 21 Oct 2008 11:34:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#38</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>
		le personnage<br>
n’est pas Taku Sugimoto

se dit : puisqu’un guitariste y arrive

se dit qu’il suffit de transposer

s’empêche chaque jour un geste puis un autre

croit que tous ou presque se retirent

commence par les gestes récents

commence par les poses

n’est pas Taku Sugimoto

se dit qu’il faut élaguer comme il élague

se dit qu’il faut transposer ici

pense que chacun devrait se retenir ainsi

pense aux mouvements parasites

essaye d’être un peu

essaye d’être un peu moins dilué

se fait au silence

essaye d’être dans chaque geste

essaye d’être dans ses mots

pense au bref

pense aux mouvements garnis

veut une intention ou un silence

se dit qu’entre chaque phrase il y aura des jours

n’est pas Taku Sugimoto

cherche à remplir en soustrayant

n’est pas un refus

cherche une tension particulière

sait qu’il sera tout entier contenu

sait des trajectoires qui se résument

se dit : l’austérité, le dépouillement

se dit maintenant débarrassé des dérives

croit voir ses semblables dans la ville

croit qu’ils chargent aussi chaque pas

croit qu’ils soupèsent

mâche ses réponses

mesure

restreint encore les traces et les effluves

n’est pas dans la fiction générale

prolonge les intervalles

n’est pas là

attend dans cette rue, raide

attend une pensée fondamentale

pense à Taku Sugimoto

pense au peu de notes et qu’elles suffisent

se dit que chacun devrait attendre

se répète j’attends

passe d’un geste à l’autre soudainement

passe dans ses gestes

gomme encore des façons

se parle puis se tait
</description>
		<pubDate> Mon, 06 Oct 2008 11:20:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		
		<item>
            <title>#37</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>N’admets pas, n’admets jamais, ou attends là qu’ils émondent encore
quelques unes de tes nuits, taillent dans les heures suspectes. Où tu
ne sais plus comment t’offrir le sommeil. Ce sont ces heures qu’ils
retireront d’abord, mais pour toi ton soulagement, ils diront 16/9
tension artérielle quand tu te tords ainsi dans la nuit ; l’insomnie
s’ampute. Elle se cerne comme le reste et toutes ces heures gâchées
bientôt réinjectées dans le jour qui suivra, tu les utiliseras. Ce ne
sera pas trop de temps pour bâtir et tu sais combien tu peux manquer,
ou désoler ceux qui n’attendent qu’après toi. Tu sais ce que tu leur
construis et que ta fatigue ralentit. Tu auras toutes tes heures
rendues, ta force, maintenant compte les jours remplis.Ils diront que
tu pourras penser, penser mieux et au moins ne plus t’y perdre. Quand
tu te tords ainsi dans la nuit, tu ne penses pas tes heures tu laisses
des formes te soumettre, des bruits décider des pensées. Tu laisses
s’éparpiller le peu qu’il te faudrait saisir des cauchemars passés. Ton
insomnie maladie tant et tant qu’il n’y a pas d’heure où tes veines
débordent autant ; à tes tempes des histoires d’effondrements soudains.
Et tu penses à dormir, aux éclairages en panne dans la rue, au livre
qu’il faudrait prendre, déchiffrer dans le noir. Des heures tu vois
pour rien, qui n’éclaircissent rien, des heures n’aidant pas à
comprendre. Ils te diront que les happer c’est tout, tout pour toi ton
soulagement, c’est pour que tu nous reviennes un peu plus vivant.
Tu les oublieras ces heures, et les luttes et les absurdités liées. Tu
sauras t’offrir le sommeil, enfin le corps qui se déposera sous les
vieux draps et t’échappera. Enfin le peu à remuer. Et tu pourras bâtir
ce que tu dois, des jours de vigueur et le temps de poursuivre tes
pensées, sans brisures. Ils te diront d’admettre que les heures ne
manquent à personne, ne manquent pas.
</description>
		<pubDate> Mon, 29 Sep 2008 17:14:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#36</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>A la manière de l’encore, sur ce lit sale à disposer des mots, selon le
même rythme ternaire. La main incapable d’assimiler le délié, pause
pause. Je n’en dirai pas plus du taudis et d’y être seul. Ou d’attendre
au dehors que quelqu’un faute et ce que j’en ferai de cette brisure
minuscule : un mime de matière mais toujours maladroit. Et cette pensée
qu’il n’y a que l’encore, dans les situations où je m’ébats, dans les
contemplations leur transcription. Du déjà, je ne vois plus ce qu’il y
aurait à en sortir – abattu car des ressassements depuis longtemps.
Rabâchant des foulées, des circuits et des lieux, des façons de
s’évanouir. J’en sais trop de cette ville et des manières de s’y
perdre, j’en sais trop d’attendre à tel angle que ce sentiment
d’apaisement revienne. Et pour la colère des lieux précis aussi, ou
quelques mots la renfermant toujours. D’avance des surgissements qui ne
peuvent plus troubler ; je réagis comme je réagis comme ça je pense
ici, autrement, là ou avec eux. Je les endors et moi. Et (une phrase de
plus où fourrer ce ET dès le début, pour rien, parce que rien ne vient
et qu’il s’agit de diluer- mon errance). Et la semaine passera, le
mois, à peine pourrais-je buter sur quelques heures. Des rémissions
provisoires, des déviances puisque je n’attends que cela. J’attends que
l’encore s’attaque à d’autres ; je n’ai jamais voulu que l’insoluble.
Pause, même doser le flou me tracasse, je devrais pourtant n’avoir
qu’une langue, tortueuse pour qui, limpide pour qui. Vœu : ne plus
attendre pour contrarier ce qui peut l’être de la ville, des gestes
qu’elle commande. Vœu : c’est ce jour. Des déchets résolutions dont
d’autres gardent les traces, tu avais promis que, j’avais promis que je
truquerais mieux mes promesses. Et la semaine passera, le mois, ce jour
je ne l’atteindrai pas. Ternaire ; mots qu’on insère avec la certitude
qu’une phrase en trois morceaux dira mieux nos heurts ; on coupe
l’encore devient un autre encore, prévisible. C’est la phrase longue et
fluide qui reviendra peut-être les jours de stupeur, d’inédit, la
phrase sans saccades bornes. Pause. Qui s’épanche moins que cela, qui
nous endort et moi, parle de voyages et toutes les rencontres arrangées
pour feindre qu’il n’y ait que surprise et partout se dévouer. Je ne
veux ni cargo ni soi qu’on rature pour tracer leur monde de fééries et
de poubelles. L’encore, dans chaque pays qu’il faudra traverser, dans
le corps. Cycle, je reviens sur le même lit sale, cette page salie elle
aussi. Je reviens sur ce qu’on partage d’étendues, de limites, le
périmètre de nos élans. N’importe quelle rage déjà rage il y a
longtemps. Sur ce lit j’attends, je promets d’autres jours.
</description>
		<pubDate> Thu, 05 Aug 2008 15:20:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#35</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Vue 1. Sur le lit des miettes de tabac, des clefs, un
cendrier où dépassent quelques allumettes ; l’homme fume, qui se
voudrait pensif qui se dit tel qui fait de l’indolence son histoire
d’ici. Il peut rester cette heure, puis celle qui suivra, à inventorier
les façades croisées dans la semaine, ou les gestes dont il faudra se
départir. Ceux qui ne disent pas tel ; des agitations mais ce n’est pas
la vie au-dedans, c’est ici la tension impensable ( qui lacère, elle
vient d’outre lui).
Vue 2. Sur le même lit mais vide de babioles, l’homme repense à l’ombre
particulière, une main - derrière la vitre opaque - qui s’agitait puis
faisait un signe indéchiffrable. Ni appel ni secours, ensuite à plat
contre la vitre. Si longtemps qu’il avait fini par se lever et aller
griffer l’ombre, des formes sous les ongles. La main s’était retirée
très doucement, et lui : qui s’appuie, qui croit aux choses assez
solides encore pour nous retenir.

Vue 3. Sur un banc l’homme lit, est partout alors, lit : « demeurer
exactement tel que je suis à présent, le pire ». Il n’y a plus de
phrases amples, d’attendre encore avant de céder sous des mots
identiques. Il ne faut plus ce trucage constant qui le faisant
contempler son livre comme paysage passé. Le pire, se soustraire aux
bruits alentour, aux bruits du livre, au sol même jusqu’à léviter et
attendre que tout s’engouffre au-dessous. Une vieille dame passe il
retombe, il pense ce pire que le pire n’est pas outre.

Vue 4. Sur le même banc mais sans livre, l’homme écoute quelques
enfants édicter les règles d’un jeu mystérieux. Balafres au silence,
soit à qui hurlera le plus fort, à qui fera se rameuter le plus
d’hommes en colère. Petits corps petites voix aux stridences anodines,
il voudrait crier à leur place qu’on crie parce que rien ne passe des
valeurs et mérites. Qu’on recrache. Il sait que le jeu ne le soulagera
qu’une seconde, qu’il reprendra ses postures initiales, sinon.
</description>
		<pubDate> Thu, 05 Aug 2008 15:21:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		
		<item>
            <title>#34</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Par nos noms, plus jamais par nos noms, qu’on ne puisse plus nous
héler. Qu’on nous dise corps et les nôtres ont heurté assez
d’équivoques. Nous serons des masses autour de la fontaine. Qu’est-ce
que ça peut faire - à nous - nous faire - d’être. Que peut nous - nous
faire. Par nos noms nous étions encore de ces villes, de ceux qu’on
visite, nous étions à demeure. Ceux qui s’arpentaient encore, des
images en accordéon puis dépliées : des vues de nous depuis quelles
hauteurs. Nous ne pouvions qu’être, nos noms. Nous serons plus, serons
peu, serons le débarras d’identités salies. La fin d’être au silence.
</description>
		<pubDate> Thu, 05 Aug 2008 15:20:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#33</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Il s’approche, il nous dit qu’il aimerait parler. Que c’est dedans
depuis bien trop longtemps, deux jours entiers sans trouver de visages.
Il nous dit qu’on ne parle pas assez, les gens en général, qu’est-ce
que ça fait de s’encombrer de phrases qu’on aurait dû dilapider. Des
caillots, il dit qu’il sait que l’image ne vaut rien, mais c’est à
cause des deux jours de silence obligé, on finit souillé par le fond
commun de la bêtise. Il nous dit sa pulsion soudaine, parler, peut-être
que si nous l’avions vu hésiter, atermoyer avant de nous aborder,
peut-être aurions-nous eu le temps de composer des visages moins
accortes. Pourquoi pas descendre à la station suivante, oui c’est déjà
notre terminus. On lui dit que nous ne sommes ni l’un ni l’autre très
bavard, ce n’est pas pour lui ou parce qu’il nous ennuie, ce n’est pas
une excuse surgissant au hasard. Il sourit, il comprend : quand on voit
la tête des gens. Il se présente Philippe et nous serre la matin. Elle
c’est, moi c‘est, sa moue puis il me dit qu’il y a pire. Il rit, il dit
je vous avoue j’ai un peu bu. Ça fait vingt ans de célibat alors les
week-end je ne sais pas, je ne sais pas contourner autrement le présent
devant moi. Il a un peu bu, boit, boira. Il nous dit qu’il ne sait pas
très bien ce qu’il dit, il parle pourtant sans trop d’accrocs. Sa
cohérence, on dirait plutôt qu’il dessoûle. Ses questions qui semblent
d’abord incongrues, le dernier Bashung l’avez-vous écouter, les Rita
Mitsouko vous aimez, moi j’aime, c’est la voix de Catherine, vous savez
cette voix qui malmène au-dedans, car c’est à moi qu’elle parle. C’est
cette impression bizarre que ce n’est que pour moi, vous savez parfois
je ne me souviens plus d’autres voix. Peut-être n’a-t-il plus que cela,
quelques disques une bouteille, des présences de deux jours, des
présences qui suffisent à refondre le décor. A saturer la tête de
pensées moins froissées. Il ne dit rien pendant quelques instants j’ai
le temps des regrets. Je pense au lieu, le métro qui tronque tant les
voix. Si c’était dehors qu’il était venu nous parler, quelque part sans
cette gêne d’être entendu par tous, ici ils ne peuvent pas s’en
empêcher. Je sens l’ironie des propos susurrés, et si c’était moi
j’aurait fait, si c’était moi je l’aurais rabroué, ils n’ont qu’à
assumer ce qu’ils tolèrent. Il nous dit qu’il connaît notre honte, il
dévisage les autres passagers et reprend : il y a ceux qui vous
plaignent et ceux qui vous jugent plus sévèrement, vous n’auriez pas dû
me répondre. Il voit une jeune fille entrer, un grand chapeau sur la
tête, il dit : soit on est mort soit on est sous un parasol, je crois
que je préfère être mort. Je crois que ne se forment jamais assez de
mots pour évider tout le corps. Il nous serre la main et nous dit que
c’est sa station la gare, qu’il va descendre et que ce soir encore,
beuverie. C’est un adieu mais le malaise ne durera pas qu’une heure. Ce
seront peut-être deux jours entiers de sa présence, deux jours à lui
construire une histoire. Il nous a assez dit pour qu’on devine ses
dérives, chacun nos phrases aussi pour décrire le lieu où il doit
vivre. Moi je vois un deux pièces, pas si minable tu sais, et son
métier ce doit être. Toi tu laisses surgir une toute autre fiction, tu
saisis d’autres indices, tu extrapoles. Chacun fait de lui un homme
selon ses creux. Nous attendons de le revoir, Philippe cheveux longs
t-shirt rouge, nous attendons qu’il nous dise que. Nous attendons, sans
compassion à rebours, sans pitié, juste ce qu’il remuait de tristesse
et qu’il nous a transmis.
</description>
		<pubDate> Thu, 05 Aug 2008 10:45:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#32</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>L’année je ne sais pas et en colonie les réfectoires se ressemblaient
tellement, nos gloussements aussi. J’avais douze treize ou quatorze
ans, déjà moins impatient lorsque l’on annonçait : courrier,
distribution du courrier, vous vous taisez ou. Moins désolé d’une
lettre et ses dix lignes quand d’autres ouvraient rageusement leur
colis. Je lisais oubliais, tout cela n’était plus que corvée car il
faudrait répondre. Il faudrait s’appliquer et toujours fabuler.
J’aurais aimé qu’un maladroit, coude heurtant une carafe, noie lettres
et paquets. Mais déjà chacun regagnait sa chambrée, pour relire ou
répondre, s’assoupir ou comploter.<br>
En colonie ce n’est pas dans ces lieux-là que j’ai lu la seule lettre
encore confinée dans ma mémoire. Nous étions un petit groupe d’enfants
adolescents parti camper et un midi ils avaient amené vivres et
courrier. Alors dans ces montagnes non plus il n’était pas question
d’être tranquille, toujours les traces des pères mères, des tâches plus
claires sur nos peaux rougies. Certains n’avaient même pas ouvert leur
missive, fourrée dans un sac et ces mots attendront qu’on respire
autrement. Mais lui n’en avait pas différé la lecture, lui : un ami
provisoire, comme tous ceux que je rencontrais ici. Parfois
correspondre avec l’un d’entre eux, quelques semaines de plus, jamais
assez pour croire qu’il pourrait me manquer, devenir autre chose que ce
corps colonie.
<br>
Lui il recevait autant de lettres que les autres, une ou deux par
semaines et celle-ci n’avait rien, rien de remarquable. Il nous l’avait
montré pour la photo sur la carte, patrimoine insolite de chez lui -
peut-être. Et un curieux ou moqueur avait lu à haute voix, papa maman
t’embrassent fort. Je ne me souviens plus des autres banalités
incrustées, ces mots nous les avions tous et ils finissaient par se
confondre. Je veux dire, s’il n’y avait pas eu un autre nom papa maman
et David t’embrassent fort, si personne n’avait demandé qui, tout
aurait subi la même érosion. Mais il nous avait expliqué David, dit
qui.
<br>
David mon petit frère, c’était mon petit frère et maintenant un corps
je marche avec. David aurait six ans j’en ai le double. Mes parents ils
disent que ce n’est pas qu’une ombre, ce cliché détestable, qu’il
demeure mais où. Dans chaque lettre ils écrivent que David m’embrasse,
ce sont eux mais je ne crois pas qu’ils mentent. Je sais, cela parait
bizarre aux autres ; on m’a demandé qui. Je réponds qui, David aurait
six ans sa mort personne ne la nie. On prolonge juste un peu, quelques
années encore pour qu’il nous déserte doucement. Je ne sais pas quoi
dire, pas faire comprendre, ce n’était qu’un secret ruminé et la langue
du dehors ne peut que l’altérer. <br>
Je crois que personne n’avait ri, personne n’osant non plus étendre
devant nous la fadeur d’autres mots. Peut-être n’avions nous pas tout
bien compris mais assez pour qu’aucun recueillement ne paraisse
factice. J’aimerais retrouver mes pensées d’alors, d’enfant adolescent
face à une telle histoire, retrouver l’enchaînement des impressions, si
j’étais triste ou non. Cette lettre je crois n’y avoir plus pensé
pendant quelques années, avoir rangé David parmi d’autres prénoms
quelconques. Pourtant son grand frère j’aurais dû lui écrire longtemps,
un jour voir de l’autre côté. Du côté de cette famille entière et de
leur enfant mort. Demandé qui, si je ne construis pas une fiction
indécente, fondations mensongères. Et peut-être savoir ce qu’ils en ont
fait de David, maintenant écarté ou toujours dans leurs lettres. Si ce
qu’ils portent encore, c’est un corps une idée. <br>
Je ne saurais toujours pas les juger, parler de deuil normalité, leur
dire qu’on enterre ou qu’on brûle pour parler au passé. Je ne saurais
plus rien du malsain du sensé, écoutant leurs palabres sur cet enfant
qu’ils devinaient halo, toujours autour. Ou un refus moins imagé, David
faire comme si, David t’embrasse encore, ce n’est pas que ton double.
Peu importe le flou d’une rencontre improbable, je ne sais même pas si
je veux qu’ils m’expliquent, j’espère seulement marcher quelques heures
le long de la même rive. Peut-être sentir leurs corps qui en
traîneraient un autre, comme on le fait dans nos villes sans jamais
rien avouer. Ils étaient eux que l’on serait enfin, ceux qui n’avaient
pas su cacher.
</description>
		<pubDate> Wed, 30 Jul 2008 10:57:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#31</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Cette manière qu’ont tous les autres sentiments de se laisser dominer
par l’obsession passagère. Je ne ris plus, je ne sais pas si j’aime, si
la rage ou l’abattement sont encore alimentés, là où ils s’abritent.
Des cloisons restent peut-être perméables, quand ils filtreront tous à
nouveau je les subirai plus concentrés encore, plus indomptables. Des
sentiments qui auraient eu le temps de se régénérer, de puiser
discrètement dans les événements récents de quoi me démolir enfin. Pour
l’instant ils disparaissent sous mon geste, mon geste fait, pensé, mon
seul geste. Et je suis incapable de devenir autre chose, un attristé ou
un fougueux. Ce n’est même plus de la froideur - je n’y pense pas. Je
suis au niveau de mon geste, à hauteur d’absence. Dans la rue on verra,
quand il me sera impossible de laisser le mouvement m’absorber puis
m’être. On verra si le reste revient subitement - un fou rire ou la
colère. Ou, progressivement quelques pensées tâchées. Juste ces traces
d’une activité souterraine avant des frissons espacés. Enfin se sentir
tout entier revenir, jusqu’au prochain geste.
</description>
		<pubDate> Fri, 25 Jul 2008 12:31:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#30</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Comme penser que je pourrais m’endormir en mettant la main sur mon
oreille, appuyant de plus en plus fort pour filtrer les bruits
constants. Ceux au-dehors, ceux d’à-côté aussi, ces voix d’intrus
devisant sur des coutumes de pays lointains. Bien sûr misérables, les
coutumes. Bientôt les voix ne parlaient plus qu’en phonèmes hachés,
saccades résumant assez les défauts de chacune, gardant les pires
stridences. Me parvenaient les sons particuliers, reliefs se glissant sous ma
main, impossibles à broyer. S’endormir, non : au tympan le pouls de
plus en plus vif. Je rêvais de voix monocordes, qu’on aurait créées et
imposées à tous, cette nuit. Des voix parfaitement identiques aussi, et
personne ne pouvant reconnaître qui venait de parler, à qui répondre.
Chacun se taisant (« d’être ainsi indissociable, rien qu’un élément se
fondant dans la boue sonore : jamais »). Je rêvais à d’autres
modifications possibles ; mais pour longtemps encore, éveillé.
</description>
		<pubDate> Fri, 27 Jun 2008 12:31:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#29</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>En voiture c’étaient toujours les mêmes regards sur les panneaux, il
les fixait longtemps. Cette fois aussi où : nous sommes à 263 km de
notre but, puis 205. Puis 216. Dans cet ordre-là, il en était certain.
Et la route, maintenant détachée d’une carte quelconque. Il n’y avait
rien à faire de ce segment, avec ce simple panneau que quelqu'un avait
pu déplacer, mélangeant les distances. Il imaginait un homme s’activant
de nuit, s’acharnant à ce que la confusion ait encore sa place dans les
lieux du conforme. Et tous ceux troublés dans leur voiture, comme lui,
tous ceux qui ne se situaient déjà plus.
</description>
		<pubDate> Mond, 23 Jun 2008 14:31:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#28</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Depuis cette boue, rien, pas une question qui se formulerait malgré.
Qui parviendrait à surgir. Pas une interrogation qui s’écrirait avant
que tu ne sois parvenu à la penser. Comme si tu devais écoper,
patiemment, ton crâne ; avec ce qui reste et stagne encore, construire
maintenant ce doute, cette question.
</description>
		<pubDate> Mond, 26 May 2008 19:31:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#27</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Ajout de <a href="http://diodes.free.fr/affres/a.html" target="_blank">affres à zone</a> - un abécédaire.
</description>
		<pubDate> Mond, 26 May 2008 19:31:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#26</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>« Ce jour là était sans date ». On traînait tous cette phrase dehors,
errant selon. Ce jour là, aux contraintes évacuées, comme un abri
creusé dans le mois. On finissait par s’y terrer.
</description>
		<pubDate> Thu, 22 May 2008 11:31:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#25</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Rentre : jour, sors : nuit, entre les deux le peu de contrôlé : un
geste mais rêvé, pour archiver l’heure, l’année. Comme on pourrait tout
découper, décréter ce qui serait hier. Chaque journée son nombre
arbitraire d’heures, pour vous aussi mouvement tranchant et la pensée :
aujourd’hui commence là.
</description>
		<pubDate> Mon, 19 May 2008 09:43:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
			<item>
            <title>#24</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>« Cela veut dire » ; sa phrase dans une langue inconnue ; « cela veut
dire qu’il n’y a pas » ; immédiatement suivie de sa traduction ; « cela
veut dire qu’il n’y a pas de réponse ». Qu’il n’y a jamais. Abordant
ainsi les errants, les interrogations de chacun, tout ce qu’ils ne sont
jamais parvenus à arracher de leur visage. Cela veut dire qu’il faudra
encore la contourner, puis s’éloigner, qu’on ne soutirera de sa voix
qu’une attaque. Je voudrais que tout dure, transporter longtemps sa
phrase. Cela veut dire qu’il n’y a pas, même loin d’elle [ mots
accumulés, des obstacles : s’en détourner physiquement ], cela veut
dire qu’il n’y a pas à se répondre.
</description>
		<pubDate> Fri, 16 May 2008 14:13:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#23</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>[…] entrée, il s’agissait de fuir le corps et l’époque mais la porte ne
donnait jamais que sur une chambre trop connue, mal isolée, où filtrait
encore les pensées alentour ; les miennes aussi que j’avais eu sur le
seuil et voilà : cette attente d’un dérapage enfin, quand chaque
sentier bifurquait vers le même climat, moi, vers des rages évidentes,
des redites tant de redites ces jours ; et la pensée de ma passivité,
vue de face, rien à en faire sinon l’incorporer de nouveau là, c’était
cette lourdeur - ici commence à écrire, soit : explose d’abord les
phrases qui surgissent […]
</description>
		<pubDate> Fri, 16 May 2008 13:00:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
			<item>
            <title>#22</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Sa façon de garder la nuit à même sa peau et de s’écrouler juste à
notre hauteur, qu’on se sache choisi pour ce secours. Nous l’avions
relevé, mais lui : toujours trop loin dans ses histoires pour saisir
sur nos traits des images suffisantes, toujours à une telle distance,
et de tous.
</description>
		<pubDate> Wed, 14 May 2008 10:47:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#21</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Ajout de <a href="sonbruit.html">son bruit</a> - texte en partie inspiré par la musique de Merzbow
(cf carnets #14 pour écouter un morceau)
</p></description>
		<pubDate> Tue, 29 Apr 2008 11:03:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#20</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>J’imagine très bien : une brève station sur chaque banc de l’allée,
tous les 87 pas exactement, et y écrire quelques lignes. Selon les
formes, la perspective et la fatigue, quels mots se plaquant au premier
plan. Quelque chose de l’impression pure, sans élucider le décor, sans
fouiller ou subir de seconde salve. Se relever et continuer, au
prochain arrêt se retrouver juste en face d’une grue ou d’un cube noir,
peut-être se soustraire, peut-être s’y voir.
</description>
		<pubDate> Tue, 29 Apr 2008 11:01:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#19</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Ce sont des formes, quand on revient. On les toucherait si on
savait qu'elles nous échapperaient, bientôt, le temps pour le corps d'y
prélever ses trajets. Puisqu'elles nous menaient : notre absence les
rendaient massives, visibles; avant elles nous étaient, floues. Ce
sont des formes, quand on revient, qui parlent de durée, de l'abandon
encore.
</description>
		<pubDate> Mon, 21 Apr 2008 11:11:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#18</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>depuis quand
vous situez-vous
depuis quand les cartes vous tiennent
là
suffisent à enfermer vos tracés

sur vos flancs des villes tatouées
leurs artères
les coordonnées de corps cernés

depuis quand
êtes-vous repérés êtes-vous
vos bornes</description>
		<pubDate> Fri, 28 Mar 2008 13:20:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#17</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>C’est dormir, inusité depuis des mois, le verbe à se remémorer sous un porche où le sommeil cesserait d’être une veille saccadée.</description>
		<pubDate> Thu, 20 Mar 2008 10:30:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#16</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Je suis au même endroit, planté, à attendre que quelqu’un rejoue ta colère, après toutes ces années. Mais personne ne passe, ne te deviendra, et la ville seule ressasse encore ta rage.</description>
		<pubDate> Wed, 5 Mar 2008 19:40:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#15</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Cette heure qu’on étale sur des heures, on y fait tenir dix trajets, des embuscades et des voix – le jour s’y précipite. </description>
		<pubDate> Mond, 3 Mar 2008 09:01:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#14</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Tu ne sais plus ton corps, enfin.</description>
		<pubDate> Sun, 1 Mar 2008 10:47:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#13</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Ce silence suivant la projection, pour tout garder, pour le malaise. J’emmenais les dernières images. Des traces d’elles dans la quiétude de la ville, des hallucinations peut-être quand l’œuvre s’en prenait aux boulevards. Puis les tamponnait doucement tant les visions devenaient légères et mouvantes, jusqu’au reflux.</description>
		<pubDate> Thu, 28 Feb 2008 10:47:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
		<item>
            <title>#12</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Ce qu’on a dû affronter dans la nuit, peu le trahit, une contracture ou une faiblesse quand il a fallu regagner la lumière, une histoire inédite qui semble raconter l’épuisement d’un autre, colle pourtant à l’intensité de nos luttes. On demeure parmi les traces, ne traquant pas les chocs, on sait assez ce qu’on a pu subir, les mêmes charges des mêmes hantises, que les membres aspirent mais ne peuvent entièrement contenir. Au réveil un tremblement où perce le combat que le corps a mené, une portion de ce qui nous forme et nous malmène.</description>
		<pubDate> Tue, 26 Feb 2008 11:17:00 GMT </pubDate>
        </item>
		
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            <title>#11</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Celui qui sera, demain. Qui compte ses vœux et les crypte, au réveil croira qu’il suffit d’un bref assaut pour en retrouver l’essence. Celui qui tentera, raréfiera la pâleur de croyances mortes. Tout sang changement, et tout ce qu’il étoffera d’organes intacts. Celui qui sera, enfin, et empêchera la patience de défendre ses malaises répliqués.</description>
		<pubDate> Sun, 24 Feb 2008 09:17:00 GMT </pubDate>
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            <title>#10</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Suivi de, suivi par, je crée seulement ce corps derrière qui me talonne et m’agit. Sans lui j’aurais déjà cédé l’ardeur aux boulevards, déjà pris les façades pour baliser mes fatigues. Je le laisse longtemps me pister, qu’il rassemble ce que je fus : vif et ignorant ce qu’on découvre en forant. Qu’il double mon passé.</description>
		<pubDate> Fri, 22 Feb 2008 10:12:00 GMT </pubDate>
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            <title>#9</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>C’était l’enfant de loin [agitée] au téléphone, et sa langue et sa rue qu’elle ne traduirait plus. Elle disposait maladroitement ses doigts, ses mots, prenait vos regards en trop pour des restes d’échecs. Et de près son paquet de mouchoirs à la main, c’était cela son téléphone, elle y parlait vite, comme si l’urgence pouvait prolonger le charme. </description>
		<pubDate> Wed, 20 Feb 2008 11:12:00 GMT </pubDate>
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            <title>#8</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Songes d’un texte que j’aurais écrit sans musique dans la pièce, comme si je le pouvais. Songes qui me laissent deviner ce que cela donnerait, j’écris déjà si lentement, ressassant longtemps les mots, variant mentalement les emboîtements. Je décale un nom, rejette des possibles, me prive du plaisir de la rature. La plaie ce cahotement, ce trop de conscience. A croire que je ne suis jamais plus spontané que dans ces heurts. Même quand le son n’accompagne plus le texte mais le guide, non pas des mots dictés mais un rythme. Je reprends les mêmes mesures, me repasse les obstacles. 
Songes d’une langue dont la fragilité ne s’accommoderait pas à la musique. Songes du cassant. Alors que la plasticité de mes phrases n’empêche aucun entrelacement. Ce que j’écris n’est peut-être que la retranscription de ce que j’entends</description>
		<pubDate> Mon, 18 Feb 2008 15:57:00 GMT </pubDate>
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            <title>#7</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Dans la main de quoi les enregistrer mais la musique d’ambiance recouvrira leurs voix, je le sais. Ne resteront que quelques reliefs, mots appuyés : pourtant banals. Tout ce qu’ils disaient sans constructions apparentes, dans un petit appareillage qui en simplifiera encore la syntaxe. Des interjections suffiront, quelques noms d’amis mais trop tard, déjà, pour escompter des subordonnées. Déjà l’œuvre du court et simple, du cassant le monde en segments reconnaissables. Mais l’épure de leurs dialogues, leurs phrases trop évidentes, finissaient pourtant par frôler l’abstrait. Leurs codes, pour les décrypter il aurait fallu qu’un commencement, qu’une pause, qu’une fin, quelque part, nous guident, que les phrases ne semblent pas interchangeables. Besoin d’un souffle mais ils parlaient désordre.</description>
		<pubDate> Sat, 16 Feb 2008 09:15:00 GMT </pubDate>
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            <title>#6</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>S’acharnant à voûter vos routes, pour dissimuler le lointain, ses promesses.</description>
		<pubDate> Thu, 14 Feb 2008 11:15:00 GMT </pubDate>
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            <title>#5</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Dans l’allée, des arbres dont les branches faisaient comme clignoter le soleil, au rythme de mes pas. Et mes réflexions s’accordaient, aussi saccadées. Dans ces laps d’ombre je ne perdais que des transitions inutiles, tout ce qui relie et empêche de se laisser attaquer par des pensées détachées, accidentelles. Des pensées – aux articulation absentes – aussi brutes que les lieux affrontés.</description>
		<pubDate> Tue, 12 Feb 2008 15:08:00 GMT </pubDate>
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            <title>#4</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Sans rien à offrir que l’absence, quand chacun se voudrait dense et s’accumule, avec cette façon de se remplir soi-même de soi, des couches et des couches leur faisant dire : je ne sors pas de moi.</description>
		<pubDate> Mond, 11 Feb 2008 08:55:00 GMT </pubDate>
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            <title>#3</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Cet objet au poignet qui donnerait, non plus l’heure, mais des actions, des gestes possibles, donnerait un répertoire de ce que l’on pourrait faire et faire ce que les autres attendent ou son contraire – du mouvement la face b.</description>
		<pubDate> Sat, 9 Feb 2008 09:46:00 GMT </pubDate>
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            <title>#2</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>		
		<description>Sur les voyages : ils ont fait le Brésil, la Chine, ils ont fait l’Australie et tant d’autres pays. 
A l’écart, celui qui pense : c’est à peine si je me suis fait.</description>
		<pubDate> Thu, 7 Feb 2008 13:18:00 GMT </pubDate>
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            <title>#1</title>
            <link>http://diodes.free.fr/carnets.html</link>
            <description>La musique, cette vitrine de ce que nous sommes et certains qui veulent une devanture lumineuse, tape-à-l’œil, clinquante et qui souhaitent ébahir, qui n’ont jamais le goût de la discrétion – porte dérobée où entrer.</description>
            <pubDate> Wed, 6 Feb 2008 15:25:00 GMT </pubDate>
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